La pandémie de coronavirus oblige le président Joe Biden à modifier une autre première pour son administration: la réunion typiquement officielle de la Maison Blanche avec un homologue étranger.

Le coronavirus oblige Biden à renoncer à la pompe pour la réunion canado-américaine

Biden accueillera mardi le Premier ministre canadien Justin Trudeau pour la première réunion bilatérale de sa présidence, mais il le fera virtuellement.

En période pré-pandémique, une telle réunion aurait eu lieu en fanfare: Biden accueillant le Premier ministre canadien en grande pompe à son arrivée, un entretien au bureau ovale entre les deux dirigeants, une conférence de presse conjointe et peut-être un déjeuner.

Mais les deux dirigeants insistant sur la prudence envers leurs citoyens, Biden et Trudeau renoncent au protocole typique et tiennent leurs entretiens par vidéoconférence.

Les présidents américains invitent traditionnellement le premier ministre canadien à leur première rencontre avec un leader mondial. Les responsables de la Maison Blanche ont déclaré qu'ils essayaient toujours d'offrir une touche de scénographie pour la réunion.

Les deux dirigeants - Biden dans le bureau ovale à Washington et Trudeau dans le bureau du premier ministre à Ottawa - prononceront d'abord de brèves allocutions devant les médias au début de leur réunion.

Ensuite, Biden, le secrétaire d'État Antony Blinken et le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan tiendront une session de 45 minutes avec Trudeau, la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland, le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau et l'ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, selon à un haut fonctionnaire de l'administration de Biden qui a eu un aperçu de la réunion.

Cette réunion sera suivie d'une session prolongée qui comprendra la vice-présidente Kamala Harris ainsi que plusieurs conseillers au niveau du cabinet de Biden et les ministres de Trudeau.

L'ordre du jour comprend les réponses COVID-19 des deux pays, le changement climatique, les problèmes économiques et plus encore. Biden et Trudeau prévoient de faire des déclarations de clôture conjointes à la fin de leur réunion. La Maison Blanche a déclaré que les dirigeants prévoyaient également de publier une "feuille de route" décrivant comment les pays voisins travailleraient ensemble pour lutter contre le COVID-19, réduire les émissions climatiques et poursuivre d'autres priorités communes.

On ne savait pas si Trudeau souleverait à nouveau avec le président démocrate l'idée de permettre au Canada, qui a du mal à vacciner sa population, d'acheter des vaccins à l'usine de fabrication du géant pharmaceutique Pfizer au Michigan. Le Canada reçoit actuellement des vaccins d'une usine Pfizer en Belgique.

Trudeau a soulevé la question lorsque les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone le mois dernier, le premier appel de Biden à un dirigeant étranger en tant que président. Mais Biden reste pour l'instant concentré sur la première inoculation de la population américaine, selon le haut responsable de l'administration.

Un autre sujet de préoccupation pour Trudeau est le décret exécutif "Buy American" que Biden a signé au cours de sa première semaine au pouvoir. Il est conçu pour encourager le gouvernement fédéral à dépenser plus des quelque 600 milliards de dollars alloués aux achats pour stimuler les usines et l'embauche aux États-Unis.

Biden a déclaré que dans le cadre de cette initiative, il créait un bureau "Made in America" pour évaluer les contrats et s'assurer que les dérogations ne sont utilisées que dans des "circonstances très limitées", par exemple en cas de besoin impérieux de sécurité nationale, humanitaire ou d'urgence. les États-Unis La question est cruciale pour le Canada puisque les États-Unis représentent environ 75% de ses exportations.

Lorsqu'on lui a demandé si le Canada pouvait obtenir une dérogation à la commande "Buy American" de Biden, l'attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré lundi qu '"aucun changement n'était prévu".

Trudeau devrait également soulever à nouveau des inquiétudes à Biden au sujet de deux Canadiens emprisonnés en Chine en représailles apparentes pour l'arrestation par le Canada d'un haut dirigeant de Huawei, selon un haut responsable canadien familier avec la préparation de l'appel par le Premier ministre.

Michael Spavor et Michael Kovrig ont été détenus en Chine à la suite de l'arrestation du directeur financier de Huawei, Meng Wanzhou au Canada, après que les États-Unis ont demandé son extradition pour faire face à des accusations selon lesquelles le dirigeant de la société de télécommunications chinoise aurait commis une fraude bancaire et bancaire et violé les sanctions américaines contre l'Iran. Elle nie les allégations. Biden prévoit que Trudeau soulèvera la question et prévoit de préciser que la Maison Blanche sera aussi "solidaire que possible pour aider à obtenir la libération" des deux hommes canadiens, selon le haut responsable de l'administration Biden.

La Chine a critiqué le Canada la semaine dernière pour s'être joint aux États-Unis et à 56 autres pays pour approuver une déclaration dénonçant la détention arbitraire de citoyens étrangers parrainée par l'État à des fins politiques.

Biden a également utilisé l'appel du mois dernier pour expliquer sa décision d'arrêter la construction du pipeline Keystone XL. Le projet longuement contesté a été soutenu par Trudeau et projeté de transporter quelque 800000 barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l'Alberta à la côte du golfe du Texas, en passant par le Montana, le Dakota du Sud, le Nebraska, le Kansas et l'Oklahoma.

Malgré la déception de Trudeau face à la décision de Biden d’annuler le projet, les responsables du gouvernement canadien ont déclaré que l’appel s’était bien passé entre les deux dirigeants, qui se connaissaient depuis des années.

Les responsables canadiens s'attendent à ce que Trudeau ait une relation beaucoup plus productive avec Biden qu'avec Donald Trump. Le président républicain, dans un accès de pique en 2018, s'est rendu sur Twitter à la suite d'une réunion du Groupe des sept pays industrialisés pour calomnier le premier ministre comme étant "malhonnête et faible" après que Trudeau ait exprimé ses objections à la hausse des tarifs douaniers par Trump sur l'acier et l'aluminium du Canada., Le Mexique et l'Union européenne.